Lors de vos promenades dans la vallée de la Valserine, prenez le temps de regarder le détail de toutes ces maisons. Elles embellissent incontestablement notre paysage…  

Un peu d’histoire

Territoire frontière, la vallée de la Valserine est au carrefour du Haut-Bugey et du Haut-Jura. 

Derrière la diversité architecturale, l’habitat rural est partout. Celui des agriculteurs-éleveurs est à présent dans toute la vallée. Les fermes d‘un bloc où coexistent fonction d’habitation et fonction agricole.

D’abord liées aux tâches complémentaires de l’agriculture (travail sur bois, du fer et de la pierre), la pluriactivité s’est adaptée peu à peu aux besoins d’industries spécifiques telle que le lapidaire.

Introduite dans le Jura et la vallée de la Valserine au 18ème siècle pour les besoins de l’industrie horlogère de Genève, la taille des pierres fines et synthétiques s’effectuait à domicile. Le travail à façon garantissait un revenu complémentaire à la famille pendant les mois d’hiver.

Un travail de complément, qui occupa un grand nombre de familles jusqu’au 20ème siècle, a nécessité un certain nombre de transformation du bâti. Les fermes, qui jusque-là faisaient la part belle à l’animal et au stockage des fourrages, aménagèrent peu à peu des espaces dévolus à l’atelier domestique. 

Ferme

Commençons par le nord de la Vallée…

Les fermes blocs, souvent isolées, sont disposées de part et d’autre de la rivière. Le terrain qu’elles occupent forme encore par endroit une bande délimitée par des murets de pierres sèches. 

Dans la combe de Mijoux, la porte de grange située souvent à l’étage de la ferme était plutôt large. Au début, l’homme avec sa charge de foin sur le dos, passait de justesse. La porte s’ouvre le plus souvent dans le mur-pignon sur le côté de la maison. Elle est accessible soit de plain-pied, soit par « une levée de grange » ou « un pont de grange », si la ferme est bâtie sur un terrain en pente. 

Un bardage de tavaillons (planchettes en épicéa) recouvre les murs exposés à la pluie et aux vents. La façade principale orientée à l’est ou au nord-ouest est parfois abritée par un avant-toit. Celui-ci repose sur l’avancée des murs, pare-vents appelés « les coches ». Cet avant-toit protège l’accès à l’habitation et à l’étable pendant les périodes d’enneigement. La compacité de la bâtisse, l’adaptation de la déclivité du terrain et l’orientation de la façade principale parallèle au cours de la Valserine, constitue les éléments repérables d’une architecture spécifique du Haut-Jura.   

Poursuivons en aval de la Vallée… 

En suivant le cours de la Valserine, la vallée se resserre sous le verrou du Niaizet pour s’ouvrir à nouveau sur la vallée de Chézery. Ici, les toits de fermes sont à longs pans, sans débord sur le pignon et renforçant ainsi l’effet de compacité. Le Coyau, petite pièce oblique d’un versant du toit adoucit la pente du versant dans sa partie basse. Une galerie, soit le balcon aussi appelé « pélet », servait au séchage du bois de chauffage, du linge ou des récoltes qui étaient plus abondantes dans cette partie de vallée. La façade principale, orientée sud, est ici perpendiculaire au cours de la Valserine, contrairement aux fermes implantées dans le haut de la vallée. 

Ce patrimoine architectural constitué de fermes traditionnelles a perdu sa fonction initiale. Mais, il donne au paysage bâti toute son unité, sa cohérence et sa richesse. Et… si on prenait un peu de hauteur sur les pâturages de la haute chaîne du Jura… 

Du col de la Faucille au Grand Crêt d’eau, les hauts pâturages des Monts Jura étaient utilisés très tôt par les bergers gessiens menant leurs troupeaux en estive. La haute chaîne du Jura offre encore aujourd’hui plusieurs exemples de chalets d’alpages. Ils sont habités pendant la saison d’été par les bergers en charges des troupeaux.

Le chalet d’alpage demeure le témoin de l’évolution des pratiques pastorales sur la haute chaîne du Jura. Les chalets étaient construits au cœur d’importants pâturages où paissaient de nombreux troupeaux. L’architecture typique des chalets de la Haute chaîne sont des bâtiments rectangulaires sur un niveau.

La toiture, généralement de tôle (autrefois « tavaillonnée » y compris la cheminée) a une bonne surface. Elle doit recueillir l’eau de pluie pour la citerne. Elle est à longs pans avec croupes (2 pans, coté pignons, inclinés et de forme triangulaire). L’eau de pluie récupérée du toit sert pour les bergers. En effet, les bêtes iront boire dans les vasques creusées dans le sol, appelées « goyas ». L’hiver, la neige sur le toit est une réserve d’eau naturelle et forme un excellent isolement thermique.

Ce patrimoine architectural constitué de fermes traditionnelles a perdu sa fonction initiale. Mais, il donne au paysage bâti toute son unité, sa cohérence et sa richesse.