C’est le printemps, les lacs temporaires sont bien là ! Le ruissellement des eaux limpides et la fonte des neiges ont rempli cette grande cuvette d’origine naturelle. 

Je vous parlerai principalement de mes deux préférés dans la vallée de la Valserine, soit le lac du Creux au Niaizet à Lélex et le lac de la Tremblaine au hameau des Sept Fontaines.  Ils peuvent être profonds au milieu et beaucoup moins sur les bords. 

Ces lacs de montagne temporaires se trouvent à plus de 800 m d’altitude. Leur eau limpide vous permet de distinguer parfaitement la diversité de cette nature dans les fonds (feuilles mortes, pierres, branches…). 

Quel est l’aspect de ces lacs de montagne ? 

Leur eau est remplie de particules minérales qui leur donnent leur couleur verte. A savoir, à chaque particule correspond une couleur particulière. Des particules d’ardoise donneront du gris, des particules de fer du jaune et ici les particules de calcaire nous donnent ce vert changeant passant d’un vert émeraude à un vert sapin. 

Lac Tremblaine

Mais comment ces lacs se forment-t-ils ?  

Ces lacs naturels nécessitent deux critères principaux, une contre-pente qui empêche l’écoulement des eaux et une imperméabilité des terrains sous-jacents. 

Ces lacs, d’origine glaciaire, depuis 10 000 ans, où le réchauffement climatique naturel a provoqué la fonte progressive des grands glaciers. Ils ont laissé dans les vallées une multitude de petites cuvettes où l’eau s’est accumulée. 96% des lacs de montagne sont d’origine glaciaire contrairement aux lacs d’origine tectonique, où l’effondrement de terrains dû à l’activité tectonique a formé des cuvettes qui se sont remplies d’eau.

A l’automne, le lac se crée avec les pluies, puis entre en hibernation pendant l’hiver. Les nuits froides provoquent un grand refroidissement de l’eau en surface. Une couche de glace se forme, s’épaissit puis se recouvre par les chutes de neige. Sous cette épaisseur, l’obscurité règne et la température de l’eau se fixe aux alentours de 4°C. 

Mais pourquoi, je ne peux pas m’y baigner en été ? 

Début mars ou avril, l’eau se réchauffe avec les rayons du soleil, la température à la surface du lac augmente et la glace se fend puis fond. 

En début d’été, la chaleur revenue évapore toute cette eau. 

Et là… pas de baignade, mais vous pourrez les traverser, pas à la nage… mais à pied sur l’herbe et les cailloux et vous n’imaginez pas que quelques mois auparavant un lac recouvrait cette nature préservée ! 

Actuellement seule la faune sauvage s’y abreuve, la nature reprend vie et… sait-on, si ces lacs vont nous attendre pour nos prochaines promenades de cette fin de printemps 2020 ?  

Oups ! petit rappel : un lac est ainsi plutôt plus grand et plus profond qu’un étang, lequel est plus grand et plus profond qu’une mare