Bercé par le bleu du lac et des montagnes, à deux pas de la Suisse et riche des traditions jurassiennes, le pays de Gex est aussi celui d’un terroir exceptionnel, où se rencontrent poissons d’eau douce et fromages emblématiques, vins du Jura, influences helvétiques et saveurs des alpages.

Le pays de Gex est une terre de belles et bonnes adresses : des tables soignées et chaleureuses pour tous budgets, de l’excellent resto bistronomique proposant une formule du midi entrée-plat-dessert à vingt euros à la table éblouissante d’un Relais et Châteaux.

Ces adresses, elles sont portées par des chefs engagés, passionnés, profondément ancrés dans leur terroir et soucieux de le faire rayonner. Nous sommes allés à leur rencontre, et avons découvert six tables d’exception. Voici nos portraits de chefs.

La Table de la Mainaz : une symphonie en forêt majeure et lac mineur

Si vous recherchez la plus belle vue du pays de Gex, elle est sans nul doute ici, sur les hauteurs de la Mainaz, ce chalet perché au-dessus du lac Léman, face au Mont-Blanc que le couchant drape de rose.
Deux restaurants se partagent cet espace inouï : Le Panorama, que nous n’avons pas testé cette fois-ci, mais qui se veut un bistronomique de qualité à budget maîtrisé, et La Table de la Mainaz, à qui nous prédisons un destin étoilé, tant l’expérience gastronomique est exceptionnelle.

Ici, tout raconte le Jura et sa forêt. Dès les amuse-bouches présentés sur leur plateau d’écorce sombre, le ton est donné : nous sommes conviés à une promenade en forêt. Nous devons deviner ce que contient un bonbon-bourgeon mystère, où l’écorce se mêle au cacao avec des notes résineuses très subtiles adoucies par un fromage fondant, servi sur un lit d’aiguilles de sapin. Nous sommes invités à nous promener dans les bois – le loup n’y est pas, mais le goût est bien présent !

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La cuisine de la cheffe Claire Joseph est profondément ancrée dans son territoire. Tout le repas prolonge cette impression d’être plongés dans une forêt jurassienne : sapin, mélèze, touches fumées, notes végétales, liqueurs herbacées jusque dans les desserts…. mais avec un contrepoint aquatique, ce lac que le couchant irise en dessous de nous. Une véritable symphonie en forêt majeure avec lac mineur. Car le Léman est toujours présent, dans le paysage comme dans l’assiette. Nous avons tous les deux un énorme coup de cœur pour l’omble chevalier, accompagné de petits pois en plusieurs textures, de caviar d’esturgeon français et d’une sauce matelote profonde et iodée.

Autre merveille : la raviole végétale autour de la blette et des pignons de pin, relevée d’un siphon de cancoillotte, d’oxalis et d’oignons pickles. Un plat délicat qui résume parfaitement l’identité de cette cuisine, à la fois créative et ancrée – la recette d’un futur étoilé, nous sommes prêts à le parier, tant la proposition est de qualité.

Ce travail autour du terroir jurassien se poursuit côté vins, avec une superbe cave mettant à l’honneur le massif, et le plateau de fromages, original et atypique car 100% jurassien, avec de nombreuses découvertes que nous n’avions jamais goûtées ailleurs. Le dessert achève le voyage forestier avec une écorce de cacao au sapin et au mélèze (délicieuse !), et une création fraise menthe avec son espuma de harissa qui est une surprenante invitation aux ailleurs. Le repas s’achève de façon très originale : mention spéciale aux mignardises inspirées des digestifs, avec des pâtisseries agrémentées d’armagnac, pastis et absinthe. Jolie conclusion d’un grand spectacle !

La cheffe : Claire Joseph, du Sud au Jura

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Photo, © Itineramagica

À la tête de La Table de la Mainaz et du Panorama, Claire Joseph développe une cuisine profondément liée au territoire qui l’entoure aujourd’hui. Pourtant, rien ne la destinait initialement au Pays de Gex. Formée sur la Côte d’Azur, notamment au lycée hôtelier Jeanne et Paul Augier de Nice, elle a construit une partie de son parcours dans le Sud de la France avant de choisir de s’installer dans le Jura. Lors de notre rencontre, elle nous a raconté son coup de cœur pour ce territoire. Séduite par l’authenticité des paysages, la proximité de la nature et un rythme de vie différent, elle a fait le choix de quitter le Sud pour construire ici un nouveau chapitre de sa carrière. Cette décision transparaît aujourd’hui dans sa cuisine. Bourgeons de sapin, ail des ours, oxalis, mélèze, farine de gaude ou encore poissons du Léman composent une partition culinaire qui raconte le Jura avec beaucoup de cohérence et de sensibilité.

Plus qu’une simple utilisation de produits locaux, son travail donne l’impression d’une véritable appropriation du territoire. À travers chaque assiette, Claire Joseph semble raconter la rencontre entre un regard venu du Sud et un profond attachement à sa terre d’adoption. Exigeante, créative, elle a le souci de proposer une cuisine de qualité aux deux tables : si vous n’avez pas le budget pour La Table de la Mainaz, allez goûter la cuisine du Panorama, la version bistronomique. Des plats plus simples, mais la même brigade, les mêmes produits et le même souci du travail bien exécuté.

Les Cocottes Gessiennes : tradition française généreuse au cœur de Gex

Cette adresse chaleureuse est la création de Sébastien Loué, chef profondément attaché à la cuisine française, aux sauces mijotées, à ces plats généreux qui rappellent les recettes de nos grands-mères. Cuisinier et pâtissier de formation, il a ouvert Les Cocottes Gessiennes en 2019 avec une idée simple : proposer une cuisine bistronomique de qualité, généreuse et accessible. Dans la salle du bas, les portraits des grands noms de la gastronomie française, comme Paul Bocuse, rappellent sous quel patronage se placent les Cocottes : la tradition française de qualité, avec ses sauces travaillées, ses assiettes bien dressées, ses plats du dimanche qui exigent beaucoup de temps, d’amour et de soin pour un résultat où l’ampleur du travail accompli disparaît sous une apparente simplicité, pour le pur plaisir de la gourmandise et de la convivialité.

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Et les Cocottes gessiennes, c’est une adresse hyper chaleureuse et conviviale au cœur de Gex, avec ses habitués, son ambiance presque familiale, et ses tarifs accessibles : la formule du jour est à 20€ entrée-plat-dessert, ce que nous trouvons réellement exceptionnel, étant donné la qualité des produits, l’exigence du travail de Sébastien, et la situation du restaurant, à deux pas de la frontière suisse : la région frontalière peut être beaucoup plus onéreuse.

La carte reste volontairement courte et évolue au fil des saisons afin de privilégier les produits du moment. Passionné de pêche, Sébastien adore également travailler les poissons du Léman selon les arrivages. Parmi les incontournables de la maison, on conseille l’œuf parfait aux morilles, incroyablement gourmand et fondant – j’en aurais pris trois assiettes !

Dans l’assiette, tout est fait maison : produits soigneusement travaillés, cuissons précises, sauces gourmandes et jus riches en goût. On adore voir travailler Sébastien et son équipe dans la cuisine ouverte : chaque assiette est composée comme une sonate, avec un très grand soin apporté aux sauces et à la décoration. C’est réjouissant de voir un tel soin dans une adresse aussi abordable, et on se dit que Sébastien est réellement un excellent cuisinier, curieux et touche-à-tout, capable de tout sublimer. Gardez de la place pour le dessert, ils valent le détour – le « faux tiramisu » est une autre spécialité de la maison !

Le chef : Sébastien Loué, la tradition française au cœur

Installé à Gex depuis plus de vingt ans, Sébastien Loué connaît parfaitement son territoire. Formé à l’école hôtelière de Bellegarde-sur-Valserine, il possède la particularité d’être à la fois cuisinier et pâtissier. Avant d’ouvrir son propre établissement, il a effectué l’essentiel de sa carrière en Suisse, où il a travaillé pendant deux décennies dans des établissements très différents, de la gastronomie à la brasserie. Cette diversité d’expériences nourrit aujourd’hui sa cuisine, très polyvalente. Evoquant avec passion son goût pour les sauces, les jus et les plats de tradition, il dit que son plus beau compliment reste d’entendre qu’un plat rappelle la cuisine d’une grand-mère. Ancré dans l’amour de la cuisine française, son travail soigné et passionné a récemment été récompensé par son entrée aux Toques Françaises, une distinction prestigieuse et rare qui salue son parcours et son savoir-faire.

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Photo, © Itineramagica

Grand amateur de pêche, il se rend régulièrement sur les rives du Léman pour s’approvisionner lorsque l’occasion se présente. Présent en salle, chaleureux et accessible, il a fait des Cocottes Gessiennes bien plus qu’un restaurant : un véritable lieu de vie pour les habitants de Gex.

L’auberge des 7 Merveilles, supplément d’âme au cœur du Pays de Gex

On nous avait parlé de l’Auberge des 7 Merveilles à Challex en premier lieu pour leur terrasse magnifique, où le regard porte jusqu’au Léman et au jet d’eau genevois. Dès le printemps, c’est un endroit exceptionnel où savourer le soleil. Problème : nous arrivons sous la pluie. Mais qu’à cela ne tienne, le lieu est si chaleureux et la cuisine si qualitative que le soleil est dans l’assiette.

L’auberge des 7 merveilles – mais qui sont les 7 merveilles ? Les 7 enfants de Frédéric et Aurélie, une grande famille recomposée, et certains travaillent d’ailleurs ici. L’auberge est communale : il ne s’agit pas seulement d’une belle table chaleureuse, mais aussi d’un bistrot et d’une petite épicerie de produits locaux, bref, un lieu de vie et de sociabilité au cœur du village, où les habitants aiment se retrouver.

Mais passons à table ! La cuisine met à l’honneur les produits frais et le fait maison, on note que le saumon est fumé sur place dans le fumoir de la maison, et que le foie gras est aussi préparé ici par le chef. Passé par de grandes maisons, le chef Frédéric est un artisan passionné et consciencieux,  amoureux des belles assiettes et des très bons produits – on sent un virtuose aux fourneaux ! Parmi les plats qui nous ont particulièrement marqués, nous avons adoré la pièce de bœuf maturée cinq semaines, accompagnée d’une sauce aux morilles et de pommes dauphines maison, légères comme une plume – rien à voir avec une entrecôte-frites classique, ce plat est exceptionnel ! Autre belle surprise : le risotto de Saint-Jacques, enrichi d’une crème réalisée à partir des coraux et relevé par une fine brunoise de légumes. C’est extrêmement fin et vraiment réussi, un délice.

La carte fait également la part belle aux vins locaux, notamment ceux du Domaine de Mucelle, l’un des derniers domaines des Coteaux de l’Ain côté français, une toute petite appellation emblématique du vignoble historique du pays de Gex, ou au Savagnin, vin emblématique du massif du Jura. Nous avons affaire à des passionnés de bons vins et cela se sent !

Au dessert, petit clin d’œil suisse avec la mousse de Toblerone, étonnamment légère et très originale, et délicieuse crème brûlée à la verveine. Coup de cœur pour cette adresse pleine de générosité, portée par une vraie personnalité et une grande chaleur humaine.

Le chef : Frédéric Hervé et Aurélie Stern, un projet de vie

Derrière cette belle adresse œuvrent Frédéric, aux fourneaux, et Aurélie, en salle. Ensemble, ils cumulent plus de vingt ans d’expérience dans la restauration et ont participé à plusieurs ouvertures d’établissements avant de reprendre ce restaurant communal resté fermé pendant deux ans. Leur arrivée a été une vraie bénédiction pour Challex : ce lieu de vie méritait d’être rouvert !

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Leur parcours est riche et complémentaire. Aurélie est issue de l’école hôtelière de Paris tandis que Frédéric, pâtissier de formation, a travaillé dans plusieurs établissements du Pays de Gex et de la région genevoise, dont de grands établissements où il a appris le sens de la rigueur, l’amour du travail bien fait et le goût des produits de haute qualité. Mais ce qui marque le plus lorsqu’on les rencontre, c’est l’ampleur du projet humain qu’ils portent. À eux deux, ils sont parents de sept enfants. Leur ambition n’était pas seulement d’ouvrir un restaurant, mais de redonner vie à un lieu central pour le village. Cette volonté se ressent partout : dans l’accueil, dans la proximité avec les habitants et dans cette impression que tout le monde se connaît lorsqu’on pousse la porte de l’auberge.

Gaïum, une forêt de délices au cœur de Gex

Si je vous dis « Gaïum », sauriez-vous me dire ce que c’est ? L’ancien nom latin de Gex a une très belle signification : « forêt profonde ». C’est l’atmosphère dans laquelle nous sommes aussitôt plongés en entrant dans ce beau restaurant aux teintes de vert profond, au cœur de Gex. Murs végétaux, camaïeu chlorophyllé, douce ambiance de clairière où la lumière passe par les verrières vert-sauge, nous sommes en forêt.
Gaïum, c’est une cuisine généreuse et accessible qui met résolument à l’honneur les produits locaux et le terroir – le nom est un programme, cette famille est ancrée dans le pays de Gex et cherche à le sublimer, entre massif du Jura et influences suisses, juste de l’autre côté de la frontière toute proche. En cuisine et en salle, une famille : ici le père, la mère, deux fils et une fille travaillent main dans la main, et cela se ressent. L’accueil est réellement chaleureux et convivial, nous sommes en famille, et nous sommes bien.

Gaïum cherche à privilégier autant que possible les produits d’ici, les approvisionnements en circuit court, les agriculteurs gessiens, et a la volonté de proposer des tarifs attractifs dans une région où la frontière suisse tend à tirer les prix vers le haut. Bien manger et manger local avec un budget maîtrisé, c’est l’ambition de la maison !
Parmi les spécialités emblématiques du restaurant figure le Malakoff, cette généreuse boule de fromage moitié-moitié (influence suisse !) panée et frite qui fait partie des incontournables du secteur. Mais ici, on la travaille en entrée en « petites boules » avec une salade : c’est plus fin, plus léger, et réellement délicieux. Heureusement que Geoffrey m’a empêchée de demander du rab, c’est complètement addictif !
Le filet de perche occupe également une place importante à la carte, et même si l’approvisionnement ne peut plus être 100% local (les réserves halieutiques du Léman ne peuvent suivre la demande de ce mets emblématique), la recette reste traditionnelle, un incontournable de cette région frontalière baignée de délices lacustres. C’est d’ailleurs ce que je choisis, mais Geoffrey opte pour la viande, et quel régal ! Elle est d’une finesse incroyable – un approvisionnement local de très haute qualité, une viande nourrie à l’herbe de la montagne.

Et au dessert ? Clin d’œil à la passion sportive du chef Maxime : on mange un fondant à la noix de cajou, ingrédient traditionnel des ravitos, ici sublimé en cuisine. Original et gourmand !

Le chef : Maxime Rodier, ancrage et transmission

En cuisine chez Gaïum, Maxime Rodier incarne une nouvelle génération de chefs profondément attachés à leur territoire. Formé au CFA de Groisy, il poursuit son apprentissage au Pirate à Ferney-Voltaire puis au Coq Rouge à Saint-Genis-Pouilly avant de revenir à Gex pour construire avec sa famille un projet qui lui ressemble.

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Car Gaïum est avant tout une aventure familiale. En cuisine et en salle, chacun apporte sa pierre à l’édifice : son père Didier, chef expérimenté, sa mère Béatrice, son frère Mathieu… Une organisation qui dépasse le simple cadre professionnel. « J’aime faire plaisir aux gens en étant caché », nous confie Maxime. Une phrase qui résume assez bien sa personnalité : discrète, mais entièrement tournée vers le plaisir des autres.

Son attachement au Pays de Gex transparaît dans chacune de ses décisions. Il privilégie autant que possible les produits français, travaille avec les agriculteurs et producteurs locaux et cherche à proposer une cuisine accessible dans une région où la proximité de la Suisse tend à faire grimper les prix. Pour lui, bien manger ne devrait pas être un luxe. Curieux, il aime aussi découvrir d’autres restaurants avec sa famille, convaincu que chaque repas est une occasion d’apprendre et de progresser. Cette humilité nourrit une cuisine généreuse, sincère et sans artifices. Pour Maxime, le rôle d’un bon restaurateur est de faire en sorte que, le temps d’un repas, chacun oublie ses soucis en franchissant la porte du restaurant. On a ressenti cette humilité, cette gentillesse et cette générosité dans ce bel entretien avec un timide au grand cœur qui a accepté de jouer le jeu et de poser pour mon objectif.

Le Patriarche : à l’ombre de Voltaire, au cœur de Ferney

Si je vous dis « le Patriarche », savez-vous de qui l’on parle ? À Ferney, la réponse est une évidence : le Patriarche, c’est Voltaire. La grande figure des Lumières a tant marqué le village que celui-ci porte aujourd’hui son nom : Ferney-Voltaire.
Impossible de visiter Ferney-Voltaire sans pousser les portes du château de Voltaire, labellisé Maison des Illustres. Véritable capsule du XVIIIᵉ siècle, il conserve encore aujourd’hui toute l’âme du philosophe. Son cœur repose ici, son esprit est partout. L’été, les habitants viennent y pique-niquer et de nombreuses fêtes populaires animent les jardins à la française. Le lieu est d’une beauté saisissante, avec ses perspectives parfaitement dessinées, ses arbres taillés et son atmosphère hors du temps. On se croirait dans un tableau de Fragonard ou de Watteau, une délicieuse ambiance de fête galante.

Mais le Patriarche, c’est aussi une institution locale. Situé juste en face de la fontaine de Voltaire, cet hôtel-restaurant fait partie du paysage ferneysien depuis des décennies. En 2018, un duo chaleureux, Julien Ducros et Clément Butaud, reprennent l’établissement. Après d’importants travaux, le restaurant rouvre en 2019, avant d’être complété en 2025 par un hôtel de quatorze chambres.

Leur parti pris est simple : du 100 % fait maison. Ici, pas de frites, mais des légumes frais découpés chaque jour, des produits de saison et une carte qui évolue chaque semaine. Chaque midi, une proposition végétarienne, un poisson et une viande permettent à chacun de trouver son bonheur, sans jamais renoncer à la qualité. Dans une région où la proximité de la Suisse tend naturellement à faire grimper les prix, Julien et Clément défendent une vision du bien manger pour tous, avec un budget maîtrisé. Leur formule entrée-plat-dessert à 22 € en est la meilleure illustration.

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Lors de notre passage, nous avons dégusté une panna cotta aux asperges, une salade fraîcheur au thon, un tajine de poulet accompagné de son couscous de légumes, un tian provençal et un crumble à la rhubarbe, le tout accompagné d’une belle sélection de vins au verre. C’était bon, frais, joyeux, et j’ai adoré la diversité des légumes et crudités dans mon assiette : c’est rare au restaurant d’avoir une telle variété d’accompagnements frais et de qualité, je suis ressortie ravie avec la sensation d’avoir fait plaisir à mon corps, tout en gourmandise !

Mais ce qui nous a peut-être le plus séduits, c’est l’atmosphère du lieu. Julien et Clément sont sympas, drôles, accueillants, et ça se sent : on a tout de suite envie d’être pote avec eux. Malgré une météo pluvieuse, la salle baignée de lumière face à la fontaine de Voltaire était pleine d’habitués. « Vous le verrez à midi, on les connaît tous », nous glisse Julien avec le sourire. L’esprit du Patriarche, c’est de régner sur une joyeuse bande de copains (qui cuisinent bien).

Clément Butaud et Julien Ducros, une amitié devenue projet entrepreneurial

L’histoire du Patriarche commence sur les bancs de l’école hôtelière Lesdiguières de Grenoble. Clément et Julien s’y rencontrent avant de poursuivre ensemble leur BTS et de construire une solide amitié. Après plusieurs expériences professionnelles, ils développent pendant plusieurs années une activité de traiteur et de chef à domicile. Ils interviennent aussi bien pour des repas privés que pour des événements plus importants, parfois jusqu’à soixante convives par semaine. Rien de plus formateur que ce type d’expériences : il faut pouvoir tout gérer, tout affronter, et ils le font bien, sans rien perdre de leur complicité.

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En 2018, ils reprennent le Patriarche et entreprennent d’importants travaux avant l’ouverture du restaurant en 2019. Leur aventure se poursuit ensuite avec la rénovation du bâtiment voisin et l’ouverture d’un hôtel en 2025. Ce qui les anime reste pourtant inchangé : créer un établissement familial où les clients se sentent à l’aise, dans une ambiance simple et conviviale. Une philosophie qui transparaît immédiatement lorsqu’on échange avec eux. On s’est sentis vraiment bien attablés au Patriarche, et on s’est promis de revenir : l’été, la terrasse couverte de roses anciennes semble d’une exceptionnelle poésie, et il paraît qu’il y a souvent des concerts à la claire fontaine…

Le Jiva, une des plus belles tables du Pays de Gex

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Photo, © Lenaka

Au cœur d’un hôtel 5 étoiles membre des Relais et Châteaux, entre un golf verdoyant et des écuries de dressage d’exception, le Jiva, le restaurant gastronomique du Jiva Hill Resort, est une des tables les plus élégantes et prestigieuses du Pays de Gex. Situé entre les crêtes effilées des Monts Jura et les sommets enneigés des Alpes au bord du Léman, dans un cadre naturel inouï, ce restaurant superbe propose une expérience gastronomique raffinée, qui met autant l’accent sur la précision technique, la qualité des produits et le plaisir de la dégustation, avec un service impeccable.

Nous avons choisi le menu 360, emblématique du Jiva : tous les produits sont sourcés dans un rayon de 360 kilomètres autour du Jiva, ce qui nous permet de savourer autant les poissons du Léman que l’omble chevalier des Cévennes, les fraises de Carpentras et les fromages du Jura, les escargots de l’Ain et la crème de Bresse. Les producteurs sont listés, ce qui nous permet de voir que le Jiva fait la part belle à son berceau : l’Ain, le Jura, la Haute-Savoie sont résolument à l’honneur.

Dès les premiers instants du repas, le niveau d’exécution impressionne et la qualité du service, si attentionné et délicat, nous enveloppe de douceur. Le voluptueux pain feuilleté façon croissant accompagné d’un beurre demi-sel et d’un étonnant beurre au café donne le ton : ce repas sera fabuleusement gourmand et étonnant. Les amuse-bouches se succèdent ensuite autour du céleri, du géranium, du cassis ou encore du fenouil travaillé en plusieurs textures.

Parmi les plats qui nous ont particulièrement marqués, Geoffrey retient le fabuleux pâté en croûte des Dombes avec ses champignons shimejis accompagnés d’oignons confits, de cassis et de baie de genièvre, tandis que je fonds pour le nuage de fenouil au saumon fumé et brunoise de petits légumes. Un monocépage Gamay du Beaujolais vient sublimer notre plus gros coup de cœur, l’omble chevalier des Cévennes aux asperges vertes relevées de yuzu et servies avec un beurre fumé à l’anis. La longe de veau aux morilles et à l’ail des ours est fabuleusement tendre – c’est une cuisine précise, élégante et parfaitement maîtrisée.

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Le plateau de fromages mérite également une mention particulière. Il ne prétend pas être exhaustif, mais il mêle les meilleurs fromages du Jura et une sélection originale et atypique de chaque région française – on adore le concept, et on découvre des pépites, notamment un extraordinaire fromage du Gévaudan. Bien sûr, l’Ain, le Jura et la Savoie toute proche nous régalent, avec notamment un remarquable comté affiné trente mois, un bleu de Gex, une tomme de Savoie au génépi.

On finit en beauté avec un fabuleux pain perdu aux fraises de Carpentras en différentes textures avec un crémeux de sureau. Nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer le chef Jean-François Vasseur lors de notre passage, mais son équipe nous a accueillis avec une immense gentillesse, et sa cuisine nous a profondément marqués par sa finesse, sa cohérence et son sens du détail. Le chef et le restaurant méritent infiniment toutes les distinctions dont ils sont auréolés.  

Cet article a été rédigé par Itinera Magica. Retrouvez l’intgralité de son article sur son blog !

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Anaïs

À propos de Anaïs

Je n'ai pas grandi dans le Pays de Gex, mais c'est en y travaillant que j'ai appris à l'aimer. Derrière son apparente discrétion se cache un territoire d'une richesse insoupçonnée, où les pépites naturelles côtoient un patrimoine fascinant, témoin de siècles d'histoire.

J'aime parcourir ses sentiers, pousser les portes de ses villages, rencontrer celles et ceux qui le font vivre et partir à la recherche de ses trésors cachés. Car le Pays de Gex a ce talent rare : il continue de dévoiler de nouveaux secrets, même à ceux qui pensent déjà bien le connaître.

À travers mes articles, je vous emmène à la découverte de ces lieux, de leurs histoires et de ceux qui les font vivre, avec l'envie de vous donner, à votre tour, l'envie d'explorer le territoire.

Mon coup de cœur ? Sans hésiter, le Fort l'Écluse. Un lieu spectaculaire, chargé d'histoire, que je ne me lasse jamais de redécouvrir.

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