Découvrez les oeuvres de l'artiste Ligia MOYA à la Art Gallery
Entre le dernier souffle du printemps et le premier battement de l’été, lorsque la lumière s’attarde et que l’air s’emplit de promesses tièdes, Mi Tierra s’ouvre comme un jardin habité. Son titre résonne comme une mémoire chantée, une terre intérieure où se rencontrent racines, voix et couleurs. Ici, la peinture devient passage ; entre les femmes et les fleurs, entre mémoire et renouveau.
Dans ces œuvres, les femmes ne sont pas des figures isolées, mais une continuité vivante. Issues du Guatemala, du Mexique, du Honduras, du Nicaragua, du Salvador, du Costa Rica, du Belize et du Panama, elles apparaissent comme gardiennes du rythme et du souvenir. Dans leurs gestes se transmet une force silencieuse : tisser la culture, veiller sur la vie, maintenir le lien entre passé et avenir.
À leurs côtés, les fleurs ne sont pas décor, mais voix parallèles. Roses, lys, tulipes, glaïeuls, fleurs d’oranger… Elles respirent, elles murmurent. Chaque pétale devient langage d’amour, de mémoire, de gratitude et de force discrète ; un espace vivant où se reflètent les cycles du monde. Elles portent le parfum comme une trace, la couleur comme une émotion, suspendues entre l’éphémère et l’éternel. Ensemble, elles dessinent un temps en suspens : ce seuil fragile où une saison s’éteint tandis qu’une autre commence à naître.
L’exposition tisse un dialogue entre enracinement et mouvement. Les femmes cultivent, protègent et transmettent ; les fleurs s’épanouissent, s’offrent et se transforment. Ensemble, elles disent une même vérité : la vie persiste — fragile et puissante — dans chaque geste attentif, dans chaque couleur habitée.
Dans un monde trop souvent pressé d’oublier, Mi Tierra rappelle doucement que la mémoire est une force vivante. Prendre soin ; de la terre, des autres, de la culture, devient alors un acte de résistance et d’espérance. Et comme le retour des saisons, il existe toujours un moment pour refleurir.