Zoom sur…

Julie Moulin est une pétillante jeune femme. Elle ne manque pas d’humour. Elle anime depuis 5 ans des ateliers d’écriture à Gex. 

Depuis quelques temps elle poursuit vaille que vaille ces rendez-vous, mais cette fois sur la toile !

Un nouvel atelier

Le maintien du lien entre voisins lui tenant à cœur en ces semaines d’isolement forcé, Julie a convié les Chenevessiens à se prêter au jeu de l’écriture, en créant un nouvel atelier par e-mail.

Après le relais de son invitation par la mairie, la bibliothèque et l’école de musique, de nombreux habitants du village d’Echenevex et leurs amis ont rejoint le groupe, et ils sont aujourd’hui… près de 50 ! Le succès de ce cercle d’écriture a même dépassé nos frontières, pour arriver jusqu’en Grèce…

« Depuis le début du confinement, j’envoie tous les 4 jours une proposition d’écriture par courriel.  On me renvoie les textes dans les 4 jours suivants, je les compile et les renvoie au groupe pour lecture.
Aujourd’hui se sont ajoutées des jeunes filles avec qui j’ai travaillé dans le cadre d’ateliers mis en place par la MLDS (Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire du pays de Gex, coordonnée par Géraldine Sacchi-Hassanein) et j’en suis très heureuse !

Atelier d'écriture

De beaux retours

Ces ateliers ont donné de belles suites : le projet de Claire évidemment (voir article L’art qui fait tomber les murs du 03/04/2020 ndlr), mais aussi une proposition reprise par une enseignante de Segny pour ses élèves, un affichage de textes dans un bâtiment de la police en banlieue parisienne par une des écrivantes, et cette participation des élèves MLDS.

Tout le monde n’écrit pas à chaque fois, c’est vraiment libre, selon l’inspiration et la disponibilité de chacun.
Des participants se sont inscrits en famille. Parfois je reçois des textes collectifs (parent et enfants), parfois un texte de chaque membre de la famille ». 

Et les liens se tissent, se ressèrent… Les participants rient en famille, ou pleurent parfois. « Le confinement met les nerfs à rude épreuve. Or les derniers textes étaient effectivement très émouvants, beaucoup convoquaient des souvenirs d’enfance, leurs relations avec parents et grands-parents. On est toujours dans l’esprit de l’atelier : maintenir le lien ».

Je reçois énormément de messages de remerciements. Les mots qui reviennent sont : s’évader dans un contexte anxiogène, voyager quelques heures, découvrir des possibilités en soi méconnues, faire une belle expérience. Beaucoup disent se régaler à la lecture des textes».

Pour conclure, citons Julie : 

Face à la violence du quotidien, je n’ai qu’une arme véritable : l’écriture. Elle m’isole, m’évade, me donne une forme. »